SASU ou EURL en freelance : le comparatif complet pour choisir (2026)

SASU ou EURL ? Charges sociales, dividendes, protection sociale, fiscalité : comparatif chiffré point par point pour les freelances qui dépassent la micro-entreprise en 2026.

SASU ou EURL en freelance : le comparatif complet pour choisir (2026)

Choisir entre SASU et EURL quand tu quittes la micro-entreprise, c’est le genre de décision qui peut te bloquer pendant des semaines. Tu as peur de payer trop de charges ou de te retrouver piégé dans un statut inadapté.

C’est normal. Les deux structures se ressemblent, mais elles divergent sur un point qui va peser sur tes revenus et ta retraite pendant des années. J’ai moi-même passé des heures à comparer les deux avant de créer ma structure, au milieu d’informations souvent contradictoires.

Dans ce comparatif, on pose les chiffres 2026 à plat : charges, dividendes, protection sociale, sortie. Tu auras de quoi trancher. Et si tu hésites encore avec la micro-entreprise, commence par le comparatif micro vs SASU.

Qu’est-ce qui distingue vraiment une SASU d’une EURL ?

Sur le papier, les deux se ressemblent. Ce sont des sociétés à associé unique, avec un patrimoine personnel protégé, un capital libre (1 € minimum), la déduction de tes charges réelles et une comptabilité complète à tenir.

Tout se joue sur ton statut social de dirigeant :

  • En SASU, tu es président assimilé salarié. Tu relèves du régime général, tu reçois des bulletins de paie. Tes cotisations sont élevées, ta couverture est large.
  • En EURL, tu es gérant travailleur non salarié (TNS). Tu relèves de la Sécurité sociale des indépendants. Tes cotisations sont plus faibles, ta couverture aussi.

Sur le papier, SASU et EURL sont quasi identiques. La différence qui pèse, c’est ton statut social de dirigeant.

La création, elle, est un match nul : statuts, dépôt du capital, annonce légale, immatriculation sur le guichet unique de l’INPI et déclaration des bénéficiaires effectifs. Compte un peu plus de 200 € de frais si tu fais tout toi-même, et 2 à 4 semaines pour obtenir ton Kbis. J’ai rédigé mes statuts à partir d’un modèle, pour moins de 300 € au total.

Si tu préfères déléguer, LegalPlace prend en charge tout le dossier pour 200 à 400 € hors frais administratifs. Les guides pour créer ta SASU ou créer ton EURL détaillent chaque étape.

Charges sociales et dividendes : où se creuse l’écart ?

En EURL, les cotisations du gérant représentent environ 45 % de sa rémunération nette : pour te verser 1 000 € net, la société débourse environ 1 450 €. Depuis la réforme de l’assiette sociale (revenus 2025), tu déclares un revenu brut social et l’Urssaf applique elle-même un abattement forfaitaire de 26 % pour calculer tes cotisations (Urssaf). Même sans rémunération, tu paies des cotisations minimales d’environ 1 135 € par an.

En SASU, le président coûte environ 80 % de son salaire net en charges salariales et patronales : 1 800 € déboursés pour 1 000 € net. Mais sans salaire, aucune cotisation. Le président de SASU n’est pas concerné par la réforme de l’assiette.

EURL (TNS)SASU (assimilé salarié)
Coût pour 1 000 € net~1 450 €~1 800 €
Cotisation minimale~1 135 €/an0 € sans salaire
DividendesCotisations TNS au-delà de 10 % du capitalFlat tax 31,4 % seule

La SASU reprend l’avantage avec les dividendes. Ils ne supportent que la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), sans cotisations. D’où la stratégie classique : un salaire modéré, puis le reste du bénéfice distribué après impôt sur les sociétés. Le dosage est détaillé dans l’article sur le salaire et les dividendes en SASU.

En EURL, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (primes d’émission et comptes courants d’associé inclus) supporte les cotisations TNS à la place des prélèvements sociaux. Côté impôt, elle reste imposée comme un dividende (12,8 %, ou barème sur option). Avec 1 000 € de capital, seuls 100 € y échappent.

Le plafond des 10 % prive l’EURL du levier dividendes. C’est lui qui fait basculer le match vers la SASU quand le chiffre d’affaires grimpe.

Quel revenu net à 80 000, 120 000 et 200 000 € de CA ?

Mes hypothèses : freelance célibataire sans enfant, 4 000 à 6 000 € de frais annuels, capital de 1 000 €. En EURL, tout est versé en rémunération. En SASU, salaire au niveau du SMIC et dividendes pour le reste. Impôt sur les sociétés à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà.

CA annuelEURL (net disponible)SASU (net disponible)Écart
80 000 €~43 500 €~41 700 €EURL +1 800 €
120 000 €~62 400 €~62 200 €≈ égalité
200 000 €~95 100 €~102 800 €SASU +7 700 €

À 80 000 €, les charges plus légères du TNS l’emportent. Autour de 120 000 €, c’est la zone de bascule. À 200 000 €, la rémunération du gérant d’EURL tombe dans la tranche à 41 % de l’impôt sur le revenu (au-delà de 84 577 € de revenu imposable par part), alors que les dividendes de la SASU restent à 31,4 %. L’écart se creuse ensuite avec le chiffre d’affaires.

Estimations indicatives. Le résultat dépend de ta situation familiale et de tes charges déductibles. Le simulateur de revenus te donne tes propres chiffres.

Ce gain a un prix. Un salaire au SMIC réduit tes droits à la retraite et tes indemnités journalières, et c’est le sujet suivant.

Que vaut ta protection sociale dans chaque statut ?

Arrêt maladie

Dans les deux cas, le délai de carence est de 3 jours. En SASU, tes indemnités journalières sont calculées sur ton salaire brut, comme pour un salarié : un salaire correct te couvre bien, un SMIC beaucoup moins. En EURL, les indemnités de la Sécurité sociale des indépendants sont généralement plus faibles. Une prévoyance complémentaire est recommandée dans les deux statuts, et en EURL ses cotisations (contrat Madelin) sont déductibles.

Retraite

En SASU, tu cotises au régime général et à l’Agirc-Arrco. Au SMIC, tu valides tes trimestres mais tu accumules très peu de points complémentaires. En EURL, la retraite de base suit les mêmes règles, avec une complémentaire des indépendants moins coûteuse et moins généreuse. La retraite en freelance détaille les mécanismes.

Quand j’ai commencé en freelance, la retraite était le cadet de mes soucis. Quatorze ans plus tard, je mesure à quel point les droits accumulés pendant ces années comptent. Ne sacrifie pas ta retraite pour gagner quelques milliers d’euros d’impôts.

Chômage à la création

Si tu quittes un CDI pour créer ta société, la SASU est la plus simple : sans salaire, tu ne paies aucune cotisation et France Travail maintient ton ARE en totalité. En EURL, tu gardes aussi ton allocation sans rémunération, mais tu règles les cotisations minimales, et la moindre rémunération fait recalculer tes droits. Le simulateur de cumul ARE estime ce que tu toucherais.

Si tu sors d’un CDI, la SASU sans salaire, c’est zéro cotisation et ton allocation chômage intégrale.

Côté crédit immobilier, les bulletins de paie de la SASU rassurent les banques. En EURL, ton dossier repose sur tes bilans et demande plus de pédagogie.

Fiscalité, revente, gestion : les autres critères à peser

Impôt. La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés, avec une option pour l’impôt sur le revenu limitée à 5 exercices. L’EURL détenue par une personne physique est à l’impôt sur le revenu par défaut : son bénéfice passe au barème progressif. Tu peux opter pour l’impôt sur les sociétés, option révocable jusqu’au cinquième exercice. Le comparatif IS ou IR t’aide à choisir.

Revente. Céder des actions de SASU coûte 0,1 % du prix en droits d’enregistrement, soit 100 € pour une vente à 100 000 €. Pour des parts d’EURL, c’est 3 % après un abattement de 23 000 €, soit 2 310 €. La SASU accueille aussi plus facilement un associé ou un investisseur, avec des catégories d’actions sur mesure. L’EURL doit devenir SARL.

Si tu construis une activité revendable, comme une agence ou un cabinet avec sa clientèle, la SASU est le choix logique pour la sortie.

Gestion. Les deux imposent l’approbation des comptes, leur dépôt au greffe et les déclarations fiscales. La SASU y ajoute une fiche de paie et une déclaration sociale nominative (DSN) chaque mois, d’où un expert-comptable plus cher : 2 000 à 3 500 € par an, contre 1 500 à 2 500 € en EURL.

Ta checklist pour trancher

Réponds à ces cinq questions, dans l’ordre :

Rien n’est définitif : tu pourras transformer ta société si ta situation change. Pars de tes chiffres d’aujourd’hui, passe-les au simulateur de revenus, puis valide avec un expert-comptable. La plupart offrent un premier échange gratuit.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on transformer une EURL en SASU (ou inversement) ? +

Oui. Il faut modifier les statuts, publier une annonce légale et mettre à jour le dossier au greffe, pour un coût de l'ordre de 1 000 à 2 000 €. Le numéro SIREN reste le même et tes contrats clients ne sont pas affectés.

La stratégie SMIC + dividendes en SASU est-elle risquée ? +

Elle est légale, mais un salaire très faible face à des dividendes massifs peut attirer l'attention de l'administration. Un salaire au moins égal au SMIC est rarement contesté. Fixe le bon équilibre avec ton expert-comptable.

Le dirigeant a-t-il droit à une aide en cas de fermeture ? +

Le gérant d'EURL, travailleur indépendant, peut toucher l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) après une liquidation judiciaire ou une cessation pour non-viabilité, sous conditions de revenus. Elle va jusqu'à environ 800 € par mois pendant 6 mois. Le président de SASU, assimilé salarié, n'y a pas droit et ne cotise pas à l'assurance chômage.

Faut-il forcément un expert-comptable en EURL et en SASU ? +

Ce n'est pas obligatoire, mais très recommandé. Les deux sociétés tiennent une comptabilité complète avec bilan et liasse fiscale. En SASU, la paie mensuelle du président rend l'expert-comptable quasi indispensable.

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