Micro-entreprise ou SASU : quel statut choisir en freelance ?
Comparatif détaillé des deux statuts les plus populaires chez les freelances en 2026. Charges, fiscalité, protection, plafonds : toutes les cartes en main pour faire le bon choix.
Comparatif détaillé des deux statuts les plus populaires chez les freelances en 2026. Charges, fiscalité, protection, plafonds : toutes les cartes en main pour faire le bon choix.
Micro-entreprise ou SASU ? C’est la question n°1 de tout futur freelance. Et elle paralyse souvent : on a peur de se tromper, de payer trop de charges ou de s’enfermer dans un statut qui ne suivra pas.
Rassure-toi, la réponse n’est pas la même pour tout le monde, et elle n’est pas définitive. Dans ce comparatif, on décortique ensemble les deux statuts les plus populaires chez les freelances en 2026 : charges, fiscalité, protection et plafonds. Tu sauras lequel colle à ta situation aujourd’hui.
La micro-entreprise se crée en quelques clics sur le guichet unique de l’INPI. Pas de statuts à rédiger, pas de capital social, pas d’annonce légale. En 15 minutes et 0 €, tu as ta structure. Tu reçois ton numéro SIRET en général sous 1 à 3 semaines, et tu peux facturer dès réception.
Tu paies des cotisations sociales URSSAF proportionnelles à ton chiffre d’affaires. Pour les prestations de services (BNC), le taux est de 25,6 % en 2026 (23,2 % pour les professions libérales relevant de la Cipav). Si tu ne factures rien, tu ne paies rien.
Côté impôts, tu as deux options : le versement libératoire (2,2 % du CA en BNC, si ton revenu fiscal de référence le permet) ou l’imposition classique avec un abattement de 34 %. En dessous de 37 500 € de CA, tu es en franchise de TVA : tu ne factures pas la TVA et tu ne la récupères pas non plus.
Le plafond de chiffre d’affaires est de 83 600 € pour les prestations de services. Tu ne peux pas déduire tes charges réelles (matériel, logiciels, déplacements). Et la protection sociale est minimale : pas de droit au chômage, retraite limitée.
Deux coûts sont souvent oubliés. La CFE arrive dès la deuxième année d’activité, avec un montant qui dépend de ta commune et de ton CA. La RC Pro n’est obligatoire que pour certaines professions réglementées, mais prévois 150 à 500 € par an pour une bonne couverture.
La micro-entreprise m’a permis de tester le marché sans prise de tête. Zéro paperasse au démarrage, et la déclaration mensuelle prend littéralement 2 minutes sur le site de l’URSSAF. Pour une débutante, c’était parfait.
Créer une SASU demande plus d’efforts : rédiger des statuts, déposer un capital social (1 € minimum, 500 à 1 000 € recommandés), publier une annonce légale et immatriculer la société. Budget : 300 à 800 € tout compris. Le guide pour créer ta SASU détaille chaque étape.
En échange, la société a sa propre personnalité juridique. Ta responsabilité est limitée à ton apport. Depuis la loi du 14 février 2022, l’entrepreneur individuel, micro compris, voit aussi son patrimoine personnel protégé par défaut. Mais en SASU, la séparation est structurelle, inscrite dans les statuts.
En SASU, tu es assimilé salarié et affilié au régime général. La couverture est meilleure, mais les charges sont lourdes : pour te verser 1 000 € net, la société débourse environ 1 800 €. Sans salaire, en revanche, aucune cotisation.
L’avantage fiscal majeur, ce sont les dividendes, soumis à la flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Tu combines alors salaire (pour la protection sociale) et dividendes. Et tu déduis toutes tes charges réelles : matériel, logiciels, déplacements, formations.
La comptabilité en SASU est plus lourde : bilan, compte de résultat, liasse fiscale. Un expert-comptable est quasi indispensable (100 à 300 € par mois). Ajoute la CFE, un compte bancaire professionnel et une RC Pro que les grands comptes exigent souvent dans leurs contrats.
Quand je suis passée en SASU, ma première surprise a été le coût des charges sur salaire. Mais en optimisant avec un mix salaire + dividendes, et en déduisant tous mes frais pro, j’ai fini par payer moins d’impôts qu’en micro. Le jeu en vaut la chandelle à partir de 70-80 000 € de CA.
Prenons une freelance célibataire qui facture 60 000 € par an en prestations de services.
En micro-entreprise, les cotisations sociales (25,6 %) atteignent environ 15 360 €. L’impôt sur le revenu porte sur 39 600 € après abattement. Revenu net après impôts : environ 39 000 à 41 000 €.
En SASU, avec un salaire de 2 000 € net par mois (24 000 € par an), le coût pour la société est d’environ 43 200 €. Le bénéfice restant, de l’ordre de 10 000 à 15 000 € selon tes frais, paie l’IS à 15 % puis sort en dividendes taxés à 31,4 %. Revenu net après impôts : environ 30 000 à 34 000 €. Moins qu’en micro à ce niveau, mais avec une meilleure protection sociale.
Règle simplifiée : en dessous de 70 000 € de CA, la micro est généralement plus avantageuse. Au-dessus, la SASU devient intéressante grâce aux frais réels et au mix salaire/dividendes. Teste tes propres chiffres avec le simulateur de revenus freelance, après avoir fixé tes tarifs.
| Critère | Micro-entreprise | SASU |
|---|---|---|
| Création | Gratuite, en ligne, 15 min | 300-800 €, 2-4 semaines |
| Plafond CA | 83 600 € (services) | Aucun |
| Charges sociales | 25,6 % du CA (BNC) | ~80 % du salaire net |
| Déduction de frais | Non (abattement de 34 %) | Oui (frais réels) |
| Impôt sur les bénéfices | IR (barème progressif) | IS (15 % puis 25 %) |
| Dividendes | Non applicable | Flat tax 31,4 % |
| Protection sociale | Indépendants (SSI ou Cipav) | Assimilé salarié |
| Droit au chômage | Non | Non |
| Comptabilité | Livre des recettes | Bilan complet |
À 60 000 € de CA, la micro te laisse plus d’argent. La SASU se justifie par tes frais, ta croissance ou tes clients, rarement par le revenu immédiat.
Le portage salarial te permet de facturer tes clients tout en étant salarié d’une société de portage : chômage, mutuelle et prévoyance compris. Le prix de cette sécurité : à peu près la moitié de ton CA part en charges et frais de gestion. Sur 60 000 € facturés, tu touches environ 27 000 à 30 000 € net. Le comparatif portage salarial vs micro-entreprise détaille les cas où il vaut le coup.
L’EURL est la société unipersonnelle qu’on oublie souvent. Comme la SASU, elle protège ton patrimoine et déduit les frais réels. Mais son gérant est travailleur non salarié : ses cotisations tournent autour de 45 % de sa rémunération nette, moins qu’en SASU. En contrepartie, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social supporte des cotisations sociales. Le match SASU vs EURL chiffre les deux options.
Plusieurs freelances que je connais ont commencé en portage pour « garder un filet de sécurité » avant de passer en micro ou en SASU. C’est une stratégie maligne si tu n’es pas sûr de vouloir rester freelance.
Choisis la micro-entreprise. C’est gratuit, rapide, et tu pourras toujours changer plus tard. Tu n’as rien à perdre.
La SASU devient pertinente. Les frais réels et le mix salaire/dividendes compensent les coûts de gestion. Fais simuler les deux scénarios avec tes chiffres réels par un expert-comptable.
Le portage salarial est fait pour toi : tu testes le marché avec un filet. L’article quitter son CDI pour devenir freelance t’aide à préparer la transition.
Une société s’impose. La SASU permet d’embaucher et d’accueillir des associés. Certains grands groupes et administrations préfèrent aussi travailler avec une structure sociétaire plutôt qu’avec un micro-entrepreneur.
Pour passer à l’action :
Oui, sauf si ton contrat de travail contient une clause d'exclusivité ou de non-concurrence. Vérifie ton contrat et préviens ton employeur par courtoisie.
Il faut fermer ta micro-entreprise et créer ta SASU. Tes clients ne verront pas de différence. Ton numéro SIRET changera, mais tu peux garder ton nom commercial.
Non, ce n'est pas obligatoire et généralement pas nécessaire. Un bon outil de facturation et un suivi rigoureux de ton livre des recettes suffisent.
Un dépassement isolé ne te fait pas sortir du régime. Si ton CA dépasse le plafond deux années civiles de suite, tu bascules au régime réel au 1er janvier suivant.
11 août 2026 · 7 min
16 juin 2026 · 7 min
2 mai 2026 · 8 min