IS ou IR en EURL/SASU : comment choisir ton régime fiscal (guide 2026)

IS ou IR ? Le choix de ton régime fiscal en EURL ou SASU impacte directement ce que tu gardes en poche. Simulations chiffrées, cas concrets et méthode pour décider.

IS ou IR en EURL/SASU : comment choisir ton régime fiscal (guide 2026)

À 150 000 € de chiffre d’affaires en EURL, le choix entre IS et IR peut représenter plus de 20 000 € d’écart par an sur tes impôts et cotisations. Ce n’est pas un chiffre théorique. C’est le résultat de la simulation avec les taux 2026 que tu trouveras plus bas.

Quand j’ai étudié cette question avant de structurer mon activité de Scrum Master, je me suis retrouvée à comparer des simulateurs en ligne pendant des heures sans comprendre la logique derrière les chiffres. Si tu en es là, c’est normal : les deux régimes ne se comparent pas sur un seul taux.

On va poser la différence entre les deux, voir le régime par défaut de l’EURL et de la SASU, chiffrer l’écart à trois niveaux de CA, puis décider. Si tu hésites encore sur la forme juridique, commence par le comparatif SASU vs EURL.

IS et IR : qu’est-ce qui change pour ton bénéfice ?

À l’IR, la société est fiscalement « transparente ». Son bénéfice remonte dans ta déclaration personnelle (BIC ou BNC) et il est taxé au barème progressif. Voici le barème 2026 pour une part fiscale :

Tranche de revenu imposableTaux
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 601 à 29 579 €11 %
De 29 580 à 84 577 €30 %
De 84 578 à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

À l’IS, la société paie elle-même l’impôt sur son bénéfice : 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà (source : service-public.fr). Le taux réduit demande un CA inférieur à 10 millions d’euros et un capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Une société unipersonnelle de freelance coche ces cases. Tu te rémunères ensuite, et ton impôt personnel ne porte que sur ce que tu retires.

À l’IR, tout le bénéfice est taxé l’année où il est réalisé, que tu le retires ou non. À l’IS, ce que tu laisses en société n’est taxé qu’à 15 ou 25 %.

CritèreIRIS
Qui paie l’impôt ?Toi, sur ta déclarationLa société, puis toi sur ce que tu retires
Rémunération du dirigeantNon déductible du résultatDéductible du résultat
DividendesAucun (tout est déjà imposé)PFU à 31,4 % ou barème
DéficitImputable sur tes autres revenusReportable sur les bénéfices futurs

Quel régime par défaut en EURL et en SASU ?

EURL : IR par défaut, option IS possible

L’EURL est à l’IR par défaut. Pour opter pour l’IS, tu écris à ton service des impôts des entreprises (SIE), par courrier recommandé ou par ta messagerie sécurisée, avant la fin du 3e mois de l’exercice. Pour un exercice calé sur l’année civile, c’est le 31 mars. Une demande envoyée le 1er avril ne vaut que pour l’exercice suivant, sans rattrapage possible.

Depuis 2019, l’option peut être abandonnée jusqu’au cinquième exercice qui suit celui de l’option. La renonciation doit parvenir au SIE avant la fin du mois qui précède la date limite du premier acompte d’IS de l’exercice visé. Ensuite, l’IS devient irrévocable, et une société qui y a renoncé ne peut plus y revenir.

SASU : IS par défaut, option IR encadrée

La SASU relève de l’IS, et la grande majorité des freelances en SASU y restent. L’option IR n’est ouverte qu’aux sociétés de moins de 5 ans, de moins de 50 salariés et sous 10 millions d’euros de CA ou de bilan. Elle se décide dans les trois premiers mois de l’exercice et dure 5 exercices au maximum, sans renouvellement. Un retour anticipé à l’IS est définitif.

En SASU, l’option IR est un outil ponctuel des premières années, pas un régime de croisière. En EURL, le choix structure toute ta stratégie de rémunération.

Combien ça change en EURL à 60 000, 100 000 et 150 000 € ?

L’EURL est la structure où le choix se pose vraiment. Hypothèses : consultante en BNC, célibataire (1 part), charges professionnelles à 15 % du CA, cotisations TNS d’environ 45 % de la rémunération nette, capital de 1 000 €. À l’IR, tout le bénéfice est versé. À l’IS, la gérante se verse 35 170 €, 40 000 € puis 48 000 € net, et sa rémunération profite de l’abattement de 10 % pour frais.

60 000 €100 000 €150 000 €
Bénéfice avant cotisations51 000 €85 000 €127 500 €
IR : net en poche31 510 €47 930 €68 080 €
IR : cotisations + impôt19 490 €37 070 €59 420 €
IS : net en poche32 570 €36 100 €41 940 €
IS : réserve en société (après IS)0 €22 950 €47 675 €
IS : cotisations + impôts18 430 €25 950 €37 885 €

À 60 000 €, la rémunération absorbe tout le bénéfice. L’IS ne rapporte qu’environ 1 000 € d’impôt en moins, grâce à l’abattement de 10 %, et les frais comptables plus lourds le mangent. À 150 000 €, l’écart de prélèvements dépasse 21 000 € par an.

Attention au piège de la sortie. En EURL, les dividendes au-delà de 10 % du capital (100 € ici) sont soumis aux cotisations TNS. Distribuer la réserve fait fondre l’avantage. Et une partie du gain vient de cotisations non payées, donc de droits sociaux en moins.

L’IS en EURL est gagnant si tu peux laisser de l’argent dans la société. Si tu dois tout sortir pour vivre, l’écart se réduit fortement.

Pour tester d’autres niveaux, utilise le simulateur de revenus selon ton statut. En SASU, les dividendes ne supportent jamais de cotisations sociales, seulement le PFU de 31,4 % relevé par la loi de finances 2026. C’est tout l’intérêt de la stratégie salaire et dividendes en SASU.

Dans quels cas chaque régime l’emporte ?

Quand l’IR reste avantageux

Les premières années avec déficit. À l’IR, un déficit professionnel s’impute sur les autres revenus du foyer (salaire du conjoint, loyers) et réduit ton impôt tout de suite. À l’IS, il est seulement reporté sur les bénéfices futurs de la société. C’est le cas où l’option IR temporaire se justifie en SASU.

Un revenu modeste ou un foyer à plusieurs parts. Tant que ton revenu imposable reste dans les tranches à 0 et 11 %, l’IR coûte moins que l’IS à 15 %. Avec deux ou trois parts, le même bénéfice reste plus longtemps dans ces tranches.

Une fermeture prévue à court terme. Si tu envisages un retour au salariat dans deux ou trois ans, l’IR évite d’avoir à distribuer des réserves à la liquidation.

Quand l’IS l’emporte

Une tranche marginale à 30 % ou plus et de l’argent à laisser en société. Chaque euro conservé est taxé à 15 % au lieu de 30 ou 41 %. Il finance du matériel, une formation ou un coussin de trésorerie.

Un projet de holding. Le montage avec une holding suppose une filiale à l’IS : les dividendes qu’elle remonte bénéficient du régime mère-fille, quasi exonéré.

Une SASU. Le couple IS et dividendes à 31,4 % est le levier principal de ce statut. À l’IR, tout le bénéfice passerait au barème, en plus des cotisations élevées du président assimilé salarié.

Ma première déclaration URSSAF en 2022 m’avait pris une heure de confusion totale. Depuis, je ne laisse plus ce genre d’arbitrage au hasard. Un expert-comptable comme Dougs1 mois offert gère la liasse fiscale, les acomptes d’IS et la cohérence avec ta déclaration personnelle.

Quelles erreurs coûtent le plus cher ?

Oublier de provisionner l’IS. L’argent du compte pro n’est pas le tien. L’IS se paie en acomptes trimestriels puis un solde. Mets de côté 15 à 25 % du bénéfice sur un compte dédié.

Distribuer des dividendes en EURL. Avec 1 000 € de capital, presque tout dividende supporte les cotisations TNS. Si les dividendes sont ton levier, la SASU est plus adaptée.

Sacrifier ta protection sociale. Réduire ta rémunération pour gonfler la réserve réduit aussi tes droits à la retraite et tes indemnités maladie.

Simuler sur le résultat comptable. Certaines charges ne sont pas déductibles fiscalement (amendes, part non déductible de la CSG). Le bénéfice imposable est souvent un peu plus élevé que celui du compte de résultat.

Ne choisis pas ton régime fiscal sur un simulateur en ligne. Choisis-le sur ta stratégie à 3 à 5 ans, puis fais confirmer les chiffres par ton expert-comptable.

Ta checklist de décision

Avant le 31 mars, réponds à ces cinq questions :

Société pas encore créée ? Les guides pour créer ta SASU et créer ton EURL détaillent les étapes.

FAQ

Questions fréquentes

Comment déclarer ma rémunération selon le régime choisi ? +

À l'IR, le bénéfice de l'EURL se reporte sur la déclaration 2042 C PRO, en BIC ou BNC. À l'IS, ta rémunération de gérante majoritaire se déclare comme une rémunération de dirigeant, avec l'abattement de 10 % ou tes frais réels. Depuis les revenus 2025, le volet social ne demande plus tes cotisations payées : tu déclares un revenu brut et l'Urssaf applique elle-même un abattement de 26 %. Les présidents de SASU, assimilés salariés, ne sont pas concernés par ce changement.

Que devient un déficit dans une société à l'IS ? +

Il est reporté sans limite de durée sur les bénéfices suivants, dans la limite d'un million d'euros par exercice plus 50 % de ce qui dépasse. La société peut aussi l'imputer sur le bénéfice de l'exercice précédent, dans la limite d'un million d'euros.

PFU ou barème progressif : comment choisir pour les dividendes ? +

Le PFU de 31,4 % en 2026 est plus avantageux dès que ta tranche marginale atteint 30 %. À 0 ou 11 %, le barème progressif avec l'abattement de 40 % sur les dividendes te coûte moins. L'option se choisit chaque année sur ta déclaration et vaut pour tous tes revenus de capitaux.

Faut-il un expert-comptable pour passer à l'IS ? +

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est conseillé : l'IS ajoute une liasse fiscale, des acomptes trimestriels et une décision annuelle sur l'affectation du résultat. Ses honoraires sont déductibles du résultat de la société.

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