Créer sa SASU en 2026 : guide étape par étape (démarches, coûts et erreurs à éviter)
Tu veux créer ta SASU pour passer à la vitesse supérieure ? Ce guide détaille chaque étape, du capital social au Kbis, avec les coûts réels en 2026 et les erreurs à éviter.
Tu as décidé de créer ta SASU, mais tu ne sais pas par où commencer ? Tu n’es pas seul. Statuts, capital, annonce légale, guichet unique : vu de loin, ça ressemble à un labyrinthe administratif.
La décision, elle, est prise. Tu as peut-être déjà lu notre comparatif SASU vs EURL ou notre guide pour passer du micro au réel. Ce qui te manque, c’est la marche à suivre pour aller de l’idée au Kbis.
Quand je suis passée de la micro-entreprise à la SASU, j’avais surtout peur du dossier refusé pour une pièce manquante. Avec le recul, les démarches sont simples si tu les fais dans le bon ordre. On les déroule ensemble, avec les coûts réels en 2026 et les erreurs qui retardent l’immatriculation.
Avant de créer : quelles décisions prendre ?
Trois choix se retrouvent dans tes statuts. Les modifier plus tard coûte une nouvelle formalité, alors autant les trancher dès le départ.
Le capital social
Le minimum légal est de 1 €. Pour un freelance, 500 à 1 000 € est un montant courant : c’est le premier chiffre que ta banque et tes clients voient sur ton Kbis. Tu dois en verser au moins la moitié à la création (article L225-3 du Code de commerce), le solde dans les cinq ans. Attention : tant que le capital n’est pas entièrement libéré, ta société n’a pas droit au taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 %.
Un capital de 1 € est légal. Un capital de 500 à 1 000 € est crédible. Au-delà, tu immobilises de l’argent dont tu auras besoin pour tes premiers mois.
Tu peux aussi apporter du matériel (les apports en nature). Au-delà de 30 000 € pour un bien, ou si ces apports dépassent la moitié du capital, un commissaire aux apports devient obligatoire. Pour un freelance, l’apport en argent reste le plus simple.
L’objet social
Trop vague (« conseil aux entreprises »), le greffe peut rejeter ton dossier. Trop étroit, tu devras modifier tes statuts le jour où ton activité évolue. La bonne pratique : décrire précisément ton activité principale, puis ajouter une clause du type « et plus généralement, toutes opérations se rattachant directement ou indirectement à l’objet social ».
Le siège social
Ton domicile est l’option gratuite. Si ton bail ou ton règlement de copropriété l’interdit, la loi t’autorise quand même à y domicilier ta société pendant cinq ans au maximum. Une société de domiciliation te donne une adresse distincte pour 15 à 40 € par mois : Les Tricolores démarre à 14,90 € HT par mois. On compare les options dans notre guide du siège social en SASU ou EURL.
Comment rédiger les statuts et déposer le capital ?
Les statuts sont l’acte fondateur de ta SASU. Ils doivent contenir au minimum la forme, la dénomination, le siège, l’objet, la durée (99 ans maximum), le capital et les apports, ainsi que les pouvoirs du président. Pour le reste, la SASU est très souple : tu fixes toi-même la plupart des règles de fonctionnement.
Trois façons de les obtenir :
Seul, avec un modèle en ligne : gratuit, mais une clause mal rédigée sur la cession d’actions ou les pouvoirs du président peut te coûter cher le jour où ta situation change.
Via une plateforme juridique comme LegalPlace, qui génère des statuts à partir d’un questionnaire (de 0 à 199 € HT selon la formule).
Avec un avocat, pour une rédaction sur mesure (800 à 2 000 € HT).
Pour un freelance sans cas particulier, la plateforme offre le meilleur rapport qualité-prix.
Une fois les statuts prêts, tu déposes le capital sur un compte ouvert au nom de la société en formation. Chez une banque en ligne comme Qonto, l’ouverture du compte pro et le dépôt se font dans un seul parcours : tu envoies ta pièce d’identité et le projet de statuts, tu vires le capital, puis tu reçois l’attestation de dépôt sous 24 à 72 heures. Pour comparer les offres, consulte notre guide des comptes bancaires freelance.
Le capital reste bloqué jusqu’à l’immatriculation. Tu ne pourras l’utiliser qu’après avoir transmis ton Kbis à la banque.
Annonce légale et guichet unique : comment obtenir ton Kbis ?
L’annonce légale de création se publie dans un journal habilité du département de ton siège. Son tarif est forfaitaire depuis l’arrêté du 19 novembre 2025 : 142 € HT en métropole (170,40 € TTC) et 167 € HT à La Réunion et à Mayotte, selon Service Public Entreprendre. Le prix est le même quel que soit le journal, et l’attestation de parution arrive en général sous 24 à 48 heures.
l’attestation de dépôt de capital et l’attestation de parution ;
la pièce d’identité du président et sa déclaration de non-condamnation et de filiation ;
un justificatif de siège (bail, contrat de domiciliation ou facture récente si tu domicilies chez toi) ;
la déclaration des bénéficiaires effectifs.
Vérifie chaque champ avant de valider : un document manquant suffit à faire rejeter le dossier.
Le greffe traite ensuite le dossier, en général en quelques jours, parfois deux semaines en période chargée (janvier, rentrée). Tu reçois alors ton Kbis avec ton numéro SIREN. Tu peux ensuite le télécharger gratuitement et sans limite sur MonIdenum.
Combien coûte la création d’une SASU en 2026 ?
Quelle que soit la méthode, ces frais administratifs sont incompressibles :
Poste
Montant (2026)
Annonce légale de création
142 € HT (170,40 € TTC)
Immatriculation au RCS
33,83 € TTC
Déclaration des bénéficiaires effectifs
19,33 € TTC
Total frais administratifs
~225 € TTC
Le coût total dépend surtout de la rédaction des statuts :
Option
Rédaction des statuts
Total estimé
Seul
0 €
~225 €
Plateforme juridique
0 à 199 € HT
~225 à 465 €
Avocat
800 à 2 000 € HT
~1 200 à 2 600 €
Le capital social, lui, n’est pas un coût : c’est de l’argent que tu verses dans ta propre société et que tu retrouves sur le compte pro une fois le Kbis délivré.
Quelles erreurs retardent ton immatriculation ?
La plupart des rejets tiennent à des détails.
Des incohérences entre documents : capital des statuts différent du montant déposé, dénomination qui change entre l’annonce et les statuts, coquille dans l’adresse du siège. Chaque écart provoque un aller-retour avec le greffe.
Des pièces non conformes : pièce d’identité expirée, justificatif de domicile trop ancien, statuts non signés.
Un objet social mal calibré, trop vague pour le greffe.
Un capital de 1 € : c’est légal, sauf que certaines banques refusent d’ouvrir le compte et tu n’as aucune trésorerie pour les premiers frais.
La première cause de retard dans la création d’une SASU, c’est l’accumulation de petites erreurs sur les documents.
Côté délais, compte 24 à 72 heures pour l’attestation de capital, 24 à 48 heures pour l’annonce, puis le traitement du greffe. Le tout prend facilement deux à quatre semaines si tu attends chaque étape avant de lancer la suivante.
Que faire juste après la création ?
Le Kbis est en main. Transmets-le à ta banque pour débloquer le capital, et tu peux commencer à facturer.
Organiser ta comptabilité
En SASU, tu tiens une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, liasse fiscale). Un expert-comptable est quasi incontournable, sauf si tu as des compétences solides en la matière.
Mobiliser tes droits au chômage et l’ACRE
Si tu sors d’un contrat avec des droits ouverts, deux options. Le maintien de l’ARE te verse un complément mensuel tant que ta rémunération reste faible (guide cumul ARE et freelance). L’ARCE te verse 60 % de tes droits restants en deux fois, la moitié à la création et le reste six mois plus tard (guide ARCE). Le choix de l’ARCE est définitif, fais le calcul avant de créer. L’ACRE, si tu y es éligible, réduit en plus les cotisations sur ton salaire de président la première année.
Choisir ta rémunération et ton régime fiscal
Président assimilé salarié, tu ne paies des cotisations que sur le salaire que tu te verses. C’est là que j’ai été surprise : sur un salaire, les charges pèsent bien plus lourd qu’en micro. L’arbitrage entre salaire et dividendes se prépare donc dès le départ (guide salaire vs dividendes). Ta SASU est à l’impôt sur les sociétés par défaut, mais tu peux opter pour l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices, utile si tu démarres en déficit. On compare les deux dans notre article IS ou IR en SASU.
Ne te verse pas de dividendes la première année par réflexe. Assure-toi d’abord d’un salaire suffisant pour valider tes trimestres de retraite.
Checklist de création : ta feuille de route
Voici les étapes dans l’ordre, avec les délais indicatifs :
Trancher capital, objet social et siège (1 à 2 jours de réflexion)
Rédiger et signer les statuts (1 jour avec une plateforme, 1 à 2 semaines avec un avocat)
Déposer le capital (24 à 72 heures pour l’attestation)
Publier l’annonce légale (24 à 48 heures pour l’attestation)
Déposer le dossier sur le guichet unique (1 à 2 heures de travail)
Recevoir le Kbis (quelques jours à deux semaines)
Débloquer le compte pro et décider ARE ou ARCE
Compte deux à quatre semaines au total. En préparant tes documents en parallèle, tu peux descendre à une dizaine de jours.
FAQ
Questions fréquentes
Peut-on créer une SASU tout en étant salarié ?
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Oui, à condition de respecter ton obligation de loyauté envers ton employeur et de vérifier ton contrat (clause d'exclusivité, clause de non-concurrence). Comme tu n'es pas obligé de te verser un salaire, tu peux tester ton activité sans quitter ton poste.
Que se passe-t-il si je veux m'associer plus tard ?
+
Ta SASU devient une SAS dès qu'un deuxième associé entre au capital, sans changement de forme juridique ni nouvelle immatriculation. Il faut seulement adapter les statuts aux décisions à plusieurs et déclarer la modification sur le guichet unique.
Peut-on changer le siège social après la création ?
+
Oui. Le président peut transférer le siège si les statuts le prévoient, puis il faut publier une annonce légale et déclarer le transfert sur le guichet unique. C'est une formalité payante, d'où l'intérêt de bien choisir ton adresse dès le départ.