CFE auto-entrepreneur : calcul, exonération et paiement (guide 2026)
La CFE est l'impôt qui surprend le plus les auto-entrepreneurs. Ce guide t'explique comment elle est calculée, qui en est exonéré, et comment la payer sans stress.
La CFE est l'impôt qui surprend le plus les auto-entrepreneurs. Ce guide t'explique comment elle est calculée, qui en est exonéré, et comment la payer sans stress.
La CFE est probablement l’impôt le plus méconnu des auto-entrepreneurs. Cotisations URSSAF, TVA, impôt sur le revenu : tu avais coché toutes les cases. Et puis un jour de décembre, tu découvres un avis de quelques centaines d’euros sur ton espace impots.gouv.
Si tu te sens pris de court, tu n’es pas seul. Le problème n’est pas la complexité de la CFE, c’est que personne ne t’en parle au moment de la création de ton activité. J’ai moi-même découvert la CFE en décembre 2023, un an après avoir lancé ma micro-entreprise. Personne ne m’avait prévenue.
Dans ce guide, on voit qui paie la CFE, qui en est exonéré, comment elle est calculée et comment la régler sans majoration.
La Cotisation Foncière des Entreprises fait partie de la Contribution Économique Territoriale, l’impôt local qui a remplacé la taxe professionnelle en 2010. Elle est due par toute personne qui exerce une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l’année d’imposition.
Si tu es auto-entrepreneur et que ton activité existe au 1er janvier, tu es donc en principe redevable. Que tu travailles depuis ton salon, un coworking ou un bureau dédié, ça ne change rien.
Ne la confonds pas avec tes cotisations URSSAF. Elles financent ta protection sociale (maladie, retraite). La CFE, elle, finance ta commune et ton intercommunalité. C’est un impôt, pas une cotisation.
La CFE n’a rien à voir avec tes cotisations URSSAF ou ton impôt sur le revenu. C’est un impôt local, dont le montant dépend de ta commune et de ton chiffre d’affaires.
Bonne nouvelle : plusieurs exonérations existent, et les plus courantes sont automatiques.
Tu ne dois aucune CFE l’année de création de ton auto-entreprise. Si tu te lances en 2026, tu ne paies rien en 2026, sans rien demander. L’année suivante, tu paies pour la première fois, mais sur une base réduite de 50 %. Si ta base est de 500 €, tu es imposé sur 250 €.
Attention : tu dois quand même déposer la déclaration initiale 1447-C-SD avant le 31 décembre de ta première année. On y revient plus bas.
Si ton chiffre d’affaires HT de l’avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas 5 000 €, tu es exonéré. Par exemple, avec 4 500 € de CA en 2024, tu ne paies pas de CFE en 2026. L’exonération reste automatique tant que tu restes sous ce seuil. Le simulateur d’exonération CFE te le confirme en quelques secondes.
L’exonération pour CA ≤ 5 000 € se base sur ton chiffre d’affaires de N-2, pas sur celui de l’année en cours. Si ton activité vient de décoller, la CFE arrivera deux ans plus tard.
Certaines activités sont exonérées de plein droit : peintres, sculpteurs, graveurs et dessinateurs qui vendent le produit de leur art, auteurs et compositeurs, photographes auteurs, sages-femmes, chauffeurs de taxi ou d’ambulance avec un ou deux véhicules, ou encore professeurs qui donnent eux-mêmes des cours de lettres, de sciences ou d’arts d’agrément.
Certaines zones (zones France Ruralités Revitalisation, quartiers prioritaires de la ville) ouvrent aussi droit à des exonérations temporaires, sous conditions. Si tu penses être concerné, vérifie la liste complète sur entreprendre.service-public.gouv.fr ou auprès de ton Service des Impôts des Entreprises (SIE).
En théorie, la CFE se calcule sur la valeur locative de ton local professionnel. Mais la plupart des auto-entrepreneurs n’ont pas de local dédié. Dans ce cas, c’est la base minimum qui s’applique. Ta commune (ou ton intercommunalité) la fixe dans une fourchette nationale, selon ton CA HT de N-2 :
| Chiffre d’affaires HT (N-2) | Base minimum 2026 |
|---|---|
| Jusqu’à 10 000 € | 250 € à 597 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | 250 € à 1 194 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | 250 € à 2 509 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | 250 € à 4 183 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | 250 € à 5 974 € |
| Plus de 500 000 € | 250 € à 7 769 € |
Source : entreprendre.service-public.gouv.fr, barème 2026.
On applique ensuite le taux voté par ta commune, souvent entre 20 % et 35 % :
CFE = base d’imposition × taux communal
S’y ajoutent 1 % de frais de gestion. La taxe additionnelle destinée aux chambres de commerce, elle, se règle à l’Urssaf pour les micro-entrepreneurs.
Prenons une consultante à Lyon avec 45 000 € de CA en 2024. Supposons une base minimum de 1 200 € et un taux de 28 % : sa CFE 2026 tourne autour de 340 €. Domiciliée dans une petite commune avec une base de 350 € et un taux de 22 %, elle paierait environ 78 €.
Deux auto-entrepreneurs avec le même chiffre d’affaires peuvent payer une CFE du simple au quadruple. La commune fait toute la différence.
Pour chiffrer cet écart avant de choisir ton adresse, lis notre guide sur le coût réel de la domiciliation dans ta CFE.
La CFE se paie en ligne, sur ton espace professionnel impots.gouv.fr. Ton avis n’est pas envoyé par courrier : il y est déposé en novembre.
Si ta CFE de l’année précédente ne dépasse pas 3 000 € (le cas de la quasi-totalité des auto-entrepreneurs), tu la règles en une fois, au plus tard le 15 décembre. Au-delà, tu verses un acompte de 50 % vers la mi-juin, puis le solde le 15 décembre.
Le 15 décembre est la date butoir. Après, une majoration de 5 % s’ajoute. Note-la dans ton agenda dès maintenant.
Pas encore d’espace professionnel ? Crée-le sur impots.gouv.fr avec ton numéro SIREN. Un code d’activation t’arrive par courrier, alors ne t’y prends pas en décembre. Sans cet espace, tu ne verras jamais ton avis, mais tu devras quand même payer.
Tu peux aussi automatiser le paiement :
Le réflexe qui évite la mauvaise surprise : provisionner la CFE dès le début d’année. Si tu suis ta trésorerie dans un outil comme Tiime, inscris-la dans tes échéances prévisionnelles, au même titre que tes cotisations URSSAF.
Tu dois déposer le formulaire 1447-C-SD auprès de ton SIE avant le 31 décembre de l’année de création. Tu ne la remplis qu’une fois, même si tu es exonéré la première année : elle sert à calculer ta CFE des années suivantes. Elle demande ton SIREN, l’adresse et la nature de ton activité, sa date de début et la surface utilisée, même s’il s’agit d’un coin de salon. Si ta situation change ensuite (déménagement, nouveau local), la déclaration 1447-M-SD est à envoyer avant le deuxième jour ouvré qui suit le 1er mai.
Pas d’avis de CFE en novembre ? Ça ne veut pas dire que tu ne dois rien. Soit tu es exonéré, et c’est normal. Soit ton espace professionnel n’existe pas, ou ton SIE n’a pas encore traité ta déclaration.
Connecte-toi à ton espace professionnel et ouvre la rubrique « Consulter > Avis C.F.E. ». Si rien n’apparaît alors que tu n’es pas exonéré, contacte ton SIE avant le 15 décembre.
Ne fais pas l’autruche. Mieux vaut un message à ton SIE en novembre qu’une majoration en janvier.
Pour la majorité des auto-entrepreneurs, la CFE représente entre 100 € et 500 € par an. Un montant modeste, à condition de l’anticiper :
La CFE n’est pas l’impôt le plus lourd que tu paieras. Une fois ces réflexes pris, elle rejoint ta comptabilité sans plus jamais te surprendre.
Une majoration de 5 % s'ajoute au montant dû. Si la dette reste impayée, l'administration peut engager un recouvrement forcé, par exemple une saisie sur ton compte bancaire. En cas de difficulté, demande un délai de paiement à ton SIE avant la date limite.
Non. En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire sur ton chiffre d'affaires remplace la déduction des charges réelles. Si tu passes au régime réel, la CFE devient une charge déductible de ton résultat.
Tu n'es pas redevable pour les mois qui suivent ta cessation d'activité. Demande un dégrèvement à ton SIE depuis ton espace professionnel, en joignant le justificatif de radiation.
C'est possible : ton chiffre d'affaires N-2 t'a peut-être fait changer de tranche, ou ta commune a augmenté son taux. Si tu penses qu'une erreur a été commise, tu peux déposer une réclamation auprès de ton SIE jusqu'au 31 décembre de l'année qui suit la mise en recouvrement.
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