Première mission sans SIRET : peux-tu envoyer un devis et commencer ?
Ton premier client demande un devis alors que ta micro-entreprise est en création. Voici quoi lui répondre, quand démarrer et à quel moment établir ta facture.
Ton premier client demande un devis alors que ta micro-entreprise est en création. Voici quoi lui répondre, quand démarrer et à quel moment établir ta facture.
J’avais trouvé ma première mission avant la fin de mon préavis. Je me souviens surtout de l’urgence : répondre au client, fixer une date, ne pas laisser passer l’occasion. Si tu dois envoyer un devis sans SIRET, tu ressens peut-être la même pression.
Tu peux déjà discuter du périmètre et du prix, même si ton client attend une réponse aujourd’hui. Pour un devis professionnel, un démarrage et une facture, la réponse dépend ensuite d’un détail décisif : où en est ta déclaration d’activité ? Un dossier déposé et un numéro attribué sont deux étapes différentes. Voici comment avancer sans inventer un identifiant ni promettre une facture pour demain.
Prenons un seul cas : Nora propose une mission de conseil en communication à une PME. Le client veut un devis cette semaine et souhaite commencer lundi. Nora a choisi la micro-entreprise, mais son dossier n’est pas encore déposé.
| Situation de Nora | Ce qu’elle peut faire utilement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Aucune déclaration déposée | Discuter du besoin, transmettre une estimation et une date envisagée. | Elle n’a ni récépissé ni numéro à indiquer. Elle doit lancer la formalité sans attendre. |
| Dossier déposé, récépissé reçu | Montrer que sa demande est en cours, finaliser la proposition et préparer la mission. | Le récépissé ne confirme pas l’immatriculation et ne contient pas un SIRET à communiquer. |
| Immatriculation confirmée, identifiants reçus | Fournir ses identifiants, établir son devis complet puis facturer selon les règles applicables. | Elle vérifie la date de début déclarée et les mentions de ses documents. |
Service Public précise que la demande d’immatriculation d’une micro-entreprise peut être déposée au plus tôt un mois avant le début d’activité ou au plus tard quinze jours après cette date. Le dépôt produit un récépissé « En attente d’immatriculation ». L’attestation et les identifiants arrivent après la confirmation de l’immatriculation. Déclarer une date de début ne signifie donc pas que le SIRET a déjà été attribué.
Le récépissé prouve que Nora a déposé un dossier. Il ne remplace ni l’attestation d’immatriculation ni le numéro demandé par le client.
L’indication des quinze jours décrit une fenêtre de déclaration, pas une permission générale d’exercer durablement sans immatriculation. Si la date de début est déjà passée, Nora dépose sa demande immédiatement et conserve les preuves de ses démarches. Si le dossier est incomplet, elle répond au guichet.
Un client peut demander un chiffrage avant même que tu sois immatriculé. Tu peux lui répondre tout de suite avec une estimation clairement présentée comme provisoire : prestation envisagée, livrables, prix, calendrier souhaité et date à laquelle tu confirmeras le démarrage. Elle ne se fait pas passer pour un devis finalisé.
Pourquoi cette distinction ? Le guide officiel sur les documents commerciaux d’une micro-entreprise indique qu’un devis est un document précontractuel et que les mentions exigées varient selon l’activité. Sa remise n’est pas systématiquement obligatoire : certains secteurs, comme le bâtiment ou les services à la personne, ont leurs propres règles. Pour une prestation de conseil comme celle de Nora, le client peut toutefois exiger un devis pour valider son achat.
Une fois les identifiants reçus, Nora prépare un devis qui identifie correctement son activité : ses nom et prénom accompagnés de « EI », son adresse professionnelle et son SIREN, les coordonnées du client, la description de la mission, son prix, les conditions de paiement et la durée de validité proposée. Elle précise la TVA applicable à sa situation. Si son métier impose des mentions particulières, elle les vérifie avant l’envoi. Le modèle de devis freelance détaille cette rédaction.
Un prix annoncé par e-mail permet de garder la discussion ouverte. Un devis accepté engage les parties : vérifie son contenu avant de demander une signature.
Voici une réponse courte si le client réclame déjà le numéro :
« Merci pour ce retour. Ma déclaration de micro-entreprise est déposée et mon numéro SIRET est en cours d’attribution. Je peux transmettre le périmètre et le prix envisagés aujourd’hui, puis le devis avec mes identifiants dès leur réception. Je confirmerai alors la date de démarrage. »
Sans dossier déposé, Nora indique plutôt la date prévue de la démarche. Elle n’écrit jamais « numéro en cours d’attribution » pour faire croire que le dépôt a eu lieu.
Le calendrier officiel permet de déposer la demande jusqu’à quinze jours après la date de début déclarée. Mais cette fenêtre ne vaut pas autorisation générale de travailler sans immatriculation : Service Public rappelle aussi que l’exercice sans inscription au RNE est sanctionné. Pour éviter de promettre un démarrage incertain, Nora attend la confirmation de son immatriculation, vérifie que sa date de début est atteinte et obtient l’accord du client. Elle contrôle aussi les éventuelles autorisations ou assurances requises pour son métier.
Pour Nora, le chemin le plus simple est de déposer son dossier dès que la mission devient probable. Elle choisit une date de début cohérente avec le travail réellement prévu, conserve le récépissé et explique au client que le SIRET suivra. Si la PME exige un fournisseur immatriculé avant l’ouverture de son bon de commande, Nora reporte le démarrage à la validation du dossier. Rien n’oblige le client à accepter un récépissé.
Si le client veut commencer lundi alors que rien n’est déposé, Nora ne promet pas de « régulariser plus tard » une mission floue. Elle peut préparer son offre, discuter des livrables et proposer une date sous réserve des démarches. Si elle a déjà réellement commencé à travailler, elle ne change pas fictivement la date de début pour faire coïncider les documents : elle vérifie le délai de déclaration et dépose son dossier sans tarder.
Le bon repère est la date réelle de début d’activité, celle déclarée au guichet et celle communiquée au client. Elles doivent raconter la même histoire.
Je me suis lancé directement en EURL, jamais en micro-entreprise. Cette expérience m’a appris à ne pas transposer les démarches d’une société à celles d’une entreprise individuelle. Pour une société, Service Public décrit expressément le démarrage avant immatriculation avec la mention « Société en cours de formation » et des actes à reprendre. Nora ne peut pas appliquer cette formule à sa micro-entreprise : elle exerce en son nom, sans société en formation.
Pour Nora, le choix le plus sûr est d’attendre que son SIRET soit disponible avant d’émettre sa première facture. Le guide officiel destiné aux graphistes indépendants demande d’attendre ce numéro. La fiche sur les documents commerciaux de la micro-entreprise évoque pourtant la mention « Siret en cours d’attribution », tout en exigeant le SIREN. Aucune règle simple ne s’en dégage.
Le récépissé n’est donc pas un blanc-seing pour facturer. Si le client demande une facture d’acompte avant l’arrivée du numéro, Nora lui indique qu’elle confirmera le calendrier de facturation après attribution et vérifie, au besoin avec un professionnel, le traitement adapté à sa situation. Elle n’invente pas de SIRET et n’émet pas une facture au nom d’une société qui n’existe pas.
Une fois immatriculée, elle établit une facture avec ses nom et prénom suivis de « EI », son adresse, son identifiant, l’identité du client, une date et un numéro de facture uniques, la description de la prestation, son prix, la TVA ou la mention d’exonération applicable et l’échéance de paiement. La fiche officielle sur les factures détaille les autres mentions selon le cas. La facture porte sa vraie date d’émission et indique la date réelle de la prestation : Nora ne la date pas rétroactivement pour effacer l’attente du SIRET.
Reste l’envoi, qui change avec la réforme de la facturation électronique. Jusqu’au 31 août 2027, Nora peut adresser sa facture en PDF par e-mail à un client professionnel. Dès le 1er septembre 2027, elle devra l’émettre par une plateforme agréée, avec le SIREN du client et la nature de l’opération. Comme toute entreprise, elle doit déjà pouvoir recevoir des factures électroniques : autant choisir sa plateforme dès l’immatriculation. Pour un client public, la facture passe par Chorus Pro.
Pour un graphiste, une précaution supplémentaire existe : certaines activités relèvent du régime des artistes-auteurs. Si c’est ton cas, vérifie d’abord quel régime correspond à ce que tu vends.
Pour les démarches de création, suis le guide devenir freelance. Pour la prospection, vois aussi comment trouver tes premières missions.
Oui. Service Public indique qu’il reste valable jusqu’à la notification confirmant l’immatriculation, dans la limite d’un mois. Si le dossier est incomplet, réponds à la demande de pièces du guichet au lieu de supposer que le récépissé prolonge automatiquement tes démarches.
Oui. Son service achats peut demander un identifiant avant de créer un fournisseur ou d’émettre un bon de commande. Propose alors une date de retour précise après l’attribution du numéro, sans présenter l’estimation comme un devis validé.
Non. Le SIREN identifie l’entreprise et le SIRET identifie son établissement. Vérifie les mentions demandées pour chaque document et donne au client le numéro qu’il réclame une fois qu’il t’a été attribué.
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