Arrêt maladie en freelance : droits, indemnités et prévoyance (guide 2026)
Tu es freelance et la perspective d'un arrêt maladie te stresse ? Ce guide détaille tes droits réels selon ton statut, les montants des indemnités journalières 2026 et les solutions de prévoyance pour te protéger.
Un freelance malade, c’est un freelance sans revenu. Tu le sais, au fond, et c’est peut-être la peur qui t’empêche de dormir certains soirs. Quand je me suis lancée, c’était mon angoisse numéro un. Je cotisais chaque mois sans savoir ce que ça me garantissait réellement.
Tu cotises à l’URSSAF, tu as donc des droits. Le problème, c’est que personne ne t’a expliqué lesquels, ni combien tu toucherais. On fait le point statut par statut : conditions, montants 2026, un exemple chiffré, puis la façon de combler l’écart avec ton revenu réel. Comme pour la retraite, tout dépend de ton statut et de tes revenus déclarés.
Pourquoi l’arrêt maladie est différent quand tu es freelance
En CDI, ton employeur maintient tout ou partie de ton salaire et la Sécu complète. Tu ne gères rien.
En freelance, personne ne maintient ton salaire. Tes seules ressources pendant un arrêt sont les indemnités journalières (IJ) de la Sécurité sociale, si tu remplis les conditions. Pas de complément employeur, pas de prévoyance de groupe.
En freelance, un arrêt maladie signifie zéro revenu d’activité dès le premier jour. Les indemnités journalières ne compensent qu’une fraction de ce que tu gagnes.
Trois mécanismes réduisent encore ce que tu touches :
Le délai de carence : les 3 premiers jours ne sont pas indemnisés
Le plafond : tes IJ sont calculées sur un revenu plafonné, pas sur ton chiffre d’affaires
Le seuil minimum : si tes revenus sont trop faibles, tu ne touches rien
Les indemnités journalières selon ton statut en 2026
Micro-entrepreneur, EI et gérant majoritaire d’EURL. Les indépendants, professions libérales non réglementées comprises (consultants, développeurs, designers), relèvent du même régime. Il faut 12 mois d’affiliation continue et un revenu annuel moyen sur 3 ans (RAAM) d’au moins 4 582 € pour un arrêt débutant en 2026. L’IJ vaut 1/730 de ce RAAM. En micro, le RAAM se calcule sur ton CA après abattement (34 % en BNC, 50 % en BIC services, 71 % en vente). En EURL, il repose sur ta rémunération de gérant.
Président de SASU. Tu relèves du régime général, mais seulement si tu te verses un salaire : il faut avoir cotisé sur 150 heures au cours des 3 derniers mois, ou sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire (environ 12 200 €) sur 6 mois. L’IJ vaut 50 % du salaire journalier de base, plafonnée depuis avril 2025 à 1,4 SMIC.
Profession libérale réglementée (CIPAV et autres caisses de la CNAVPL). Architectes, psychologues ou ostéopathes bénéficient d’un plafond de 3 PASS, mais l’indemnisation s’arrête au 90e jour d’arrêt.
Le président de SASU qui ne se verse que des dividendes n’a droit à aucune indemnité. C’est le revers de la stratégie 100 % dividendes, détaillée dans notre guide salaire ou dividendes en SASU.
Combien tu touches pour un mois d’arrêt
Prenons un consultant micro-entrepreneur en BNC, avec 50 000 € de CA stable sur 3 ans, qui facture 300 € par jour et tombe malade 30 jours.
En face, il perd environ 9 000 € de CA. Son revenu net habituel tourne autour de 2 500 à 3 000 € par mois (vérifie le tien avec le simulateur de revenus freelance). La Sécu couvre moins de la moitié.
Un président de SASU payé 2 500 € brut par mois s’en sort à peine différemment : 38,35 € net par jour, soit 1 035 € sur le même mois.
Un mois d’arrêt en freelance, c’est souvent moins de 1 200 € d’indemnités, quel que soit ton statut.
Ce calcul suppose 3 années pleines à CA stable. Après une année creuse, le RAAM chute et les IJ avec. Pendant ce temps, tes charges fixes continuent : loyer de bureau, logiciels, RC Pro, crédit. Si tu cumules un CDI et ta micro-entreprise, chaque activité ouvre ses propres droits, à condition de remplir les critères de chacune (cumul CDI et freelance).
Comment déclarer ton arrêt et préparer ta reprise
La procédure est la même quel que soit ton statut :
Consulte ton médecin, qui établit l’arrêt et le transmet en général directement à ta CPAM
Envoie-le sous 48 heures s’il te remet un arrêt papier. Tu n’as pas d’employeur à prévenir, mais le délai reste obligatoire
Cesse réellement ton activité : si tu factures pendant l’arrêt, tu perds tes indemnités et la CPAM peut réclamer les sommes versées
Respecte les heures de présence (9h-11h et 14h-16h), sauf sorties libres autorisées par ton médecin
Les IJ sont versées en principe tous les 14 jours. Tu suis tout depuis ton compte ameli.fr.
Affection de longue durée (ALD)
Pour une ALD reconnue (cancer, diabète, dépression sévère…), la carence ne s’applique qu’au premier arrêt sur une période de 3 ans, et l’indemnisation peut durer jusqu’à 3 ans. Un burn-out sévère peut entrer en ALD hors liste, à l’appréciation du médecin-conseil.
Le temps partiel thérapeutique
Après un arrêt indemnisé, ton médecin peut prescrire une reprise progressive, avec l’accord de la CPAM. Tu factures à nouveau tout en gardant une partie de tes IJ.
Le temps partiel thérapeutique est sous-utilisé par les freelances. Tu n’as pas d’employeur avec qui négocier : tu organises toi-même ton planning de reprise.
Comment choisir ta prévoyance
La prévoyance est un contrat d’assurance qui complète la Sécu en cas d’arrêt (incapacité temporaire), d’invalidité ou de décès. Pour un freelance, la garantie la plus utile est l’incapacité temporaire, qui te verse une IJ complémentaire.
Les tarifs dépendent de ton âge, de ton métier et du niveau de couverture. À titre indicatif, compte de 40 à 70 € par mois vers 30-35 ans pour couvrir 80 % du revenu, et de 100 à 200 € après 45 ans.
Quatre critères à vérifier avant de signer :
Le montant : vise 60 à 80 % de ton revenu net habituel, IJ de la Sécu comprises
La franchise : 30 jours est le standard. Plus elle est longue, moins tu paies, à condition d’avoir la trésorerie pour tenir
La définition de l’incapacité : préfère un contrat qui t’indemnise quand tu ne peux plus exercer ton métier, pas seulement quand tu ne peux plus exercer aucun métier
Les exclusions : vérifie le sort du dos, des troubles psychiques (burn-out) et des sports que tu pratiques
Côté impôts, la cotisation est déductible au titre de la loi Madelin en EI au réel et pour le gérant majoritaire d’EURL (charges déductibles). En SASU, la société peut la prendre en charge via un contrat collectif. En micro, elle n’est pas déductible, l’abattement forfaitaire couvrant déjà tes frais.
J’ai moi-même attendu presque un an avant de souscrire une prévoyance. Avec le recul, c’était un an de trop. Si tu cherches une couverture pensée pour les indépendants, Stello centralise RC Pro, mutuelle et prévoyance sur une seule plateforme, avec des contrats sans engagement. Abeille, April, SwissLife et Alan sont aussi bien positionnés.
Ta checklist arrêt maladie en freelance
La meilleure protection contre l’arrêt maladie, c’est de l’anticiper quand tout va bien. Pas quand le médecin te tend l’ordonnance.
FAQ
Questions fréquentes
Dois-je continuer à payer mes cotisations URSSAF pendant un arrêt maladie ?
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En micro-entreprise, tes cotisations suivent ton chiffre d'affaires : sans CA déclaré, tu ne paies rien. Hors micro, les cotisations provisionnelles continuent. Tu peux demander à l'URSSAF de les recalculer sur un revenu estimé plus bas ou solliciter un délai de paiement.
La GSC me couvre-t-elle en cas de maladie ?
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Non. La GSC (Garantie Sociale des Chefs d'entreprise) est une assurance perte d'emploi pour les dirigeants, en cas de perte involontaire de leur activité. Elle ne verse rien pendant un arrêt maladie et ne remplace pas une prévoyance.
Puis-je souscrire une prévoyance si j'ai déjà un problème de santé ?
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Oui, mais l'assureur te fera remplir un questionnaire de santé. Il peut exclure la pathologie déclarée, appliquer une surprime ou refuser le dossier. C'est une raison de plus pour souscrire tôt, quand tu es en bonne santé.